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Mashal, l'essentiel.

  • Photo du rédacteur: BibleBelgique
    BibleBelgique
  • 8 nov. 2021
  • 3 min de lecture

Placé sous l’autorité de Salomon, le sage par excellence, le livre des Proverbes réunit diverses collections d’instructions et de proverbes, bien que la signification du mot hébreu mashal soit en fait bien plus large : comparaison, maxime, fable.


Le livre s’organise en trois ensembles d’importance inégale et d’époque diverses. Le premier souligne la grandeur des proverbes et de la sagesse qui les anime, personnifiée comme une femme attentive (1-9). Le deuxième (10-29) a donné son titre au livre, et propose divers recueils de sagesse. Le troisième, attribué à des non-juifs, Agour et Lemuel, se clôt sur le portrait d’une femme exceptionnelle (30-31), thème amplement repris par la tradition juive.

Le deuxième ensemble est composé de quatre recueils. Tout d’abord 375 petites sentences, 375 étant en hébreu la somme des consonnes du nom ‘Salomon’ (10.1-22.16). Ensuite, deux livrets dûs à des non-juifs (22.17-24.22 puis 24.23-34). Et enfin une collection de dictons, certains d’origine populaire, réunis sous le roi Ezékias à la fin du 8e siècle avant JC (25.1-29.27). Souvent , la sagesse apparait comme un art de vivre et vise un bonheur simple sous la conduite de Dieu.



Les proverbes retenus sont denses, ciselés, jouant avec le vocabulaire et les parallélismes. Certaines oppositions (méchant/juste, insensé/sage) paraissent néanmoins conventionnelles, car dans la vie le juste n’est pas toujours récompensé et le méchant puni ! Sur ce point, le livre de Job est plus incisif. Parfois cependant, la complexité du réel est vraiment affrontée, avec une morale faite de discernement et de liberté (26.4-5,12). C’est sans doute par là que le livre des Proverbes nous touche le plus aujourd’hui. En outre, son ironie, sa connaissance des relations humaines et l’importance donnée au quotidien gardent leur pertinence.


Le livre se termine avec une femme déterminée, active et généreuse (31.10-31). Elle donne un visage humain à la sagesse divine qui a été personnifiée auparavant (1.20-33, 8.12-36, 9.1-6). En effet, la Sagesse -avec une majuscule- a révélé qu’elle est à la fois tout proche de Dieu et entièrement tournée vers les êtres humains. Par la suite, dans le prologue de l’évangile de Jean, sa belle figure médiatrice laissera place au Christ-parole de Dieu (Jean 1.1-18). La tradition orthodoxe les réunira dans ses icônes dites de la Divine Sagesse. Certes, quelques situations et comportements du livre paraissent très éloignés de notre univers contemporain. D’autres restent actuels. Les exemples positifs alternent avec les négatifs, les propos sont parfois contradictoires, on a là une invitation à faire œuvre de sagesse et de discernement dans nos multiples occupations et -pourquoi pas ?- à partager notre expérience !


Edité au 4e ou 3e siècle avant JC avec des parties remontant au 8e siècle, sinon plus haut, le livre des Proverbes appartient à un genre littéraire florissant dans le Proche-Orient ancien : il a toujours été capital de transmettre l’expérience d’une génération à l’autre, de maître à élève. Intemporel, universel, ce livre n’aborde ni l’histoire du peuple de Dieu, ni la relation d’alliance, ni la Loi (ou enseignement) de Moïse. Agour et Lemuel nous sont inconnus mais les biblistes reconnaissent que Proverbes 30.1-14 est proche du Roman d’Ahiqar, œuvre araméenne assez répandue dans l’empire perse (6e-5e siècle avant JC). Quant à Proverbes 22.17-24.22, les ressemblances sont très nombreuses avec l’Enseignement d’Amenemopé, recueil égyptien du 13e ou 12e siècle avant JC.


Un paradoxe théologique se devine : les extraits d’une œuvre non-juive, réécrits, nous sont redonnés comme parole de Dieu. Cette ouverture aux sagesses étrangères nous incite à faire dialoguer le livre des Proverbes avec les traditions ancestrales de tous les continents. Richesse et sagesse absolues de ce livre, dont les mots permettent de comprendre des paroles pleines de sens, et enseignent à vivre de façon intelligente !


'Le livre des Proverbes appartient à un genre littéraire florissant dans le Proche-Orient ancien : il a toujours été capital de transmettre l’expérience d’une génération à l’autre, de maître à élève. Intemporel, universel, dans la force du récit.'





 
 
 

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