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Le grand nouveau départ. Ensemble !

  • Photo du rédacteur: BibleBelgique
    BibleBelgique
  • 7 juil. 2021
  • 4 min de lecture

En 1946, moins d’un an après le conflit mondial le plus destructeur de l’histoire de l’humanité, des représentants du mouvement des Sociétés bibliques se sont réunis et ont posé les bases de la création d’une fraternité biblique réellement mondiale. Emus par le besoin de la Parole de Dieu qui régnait dans le monde, et bien conscients qu’ils ne pourraient répondre à ce besoin qu’en travaillant ensemble, ils ont donné naissance à l’Alliance biblique universelle.


Depuis la création de la première Société biblique en 1804, le mouvement biblique s’était bien développé, si bien qu’à la fin du dix-neuvième siècle un réseau d’agences et d’associations s’efforçait de placer la Bible entre les mains et dans le cœur des populations un peu partout dans le monde. Cependant, ce travail était souvent accompli et dirigé individuellement par les différentes Sociétés bibliques. C’est au cours des années 1930 qu’on a assisté à la plus forte évolution vers la collaboration. A l’occasion de son 125e anniversaire, la Société biblique néerlandaise a invité plusieurs Sociétés bibliques à débattre de la question de la coopération mondiale lors d’un congrès organisé en juillet 1939.

‘L’heure de la coopération a sonné, a exhorté alors John Mott, de la Société biblique américaine. Nous ne ferons que nous appauvrir si nous restons chacun de notre côté.

Mais les événements qui ont agité le monde ont mis un coup d’arrêt à ce tout nouvel esprit de collaboration. Cinq jours après la fin du congrès, 1,5 million de soldats allemands envahissaient la Pologne et la Seconde Guerre mondiale était devenue inévitable.

Durant toutes les années de guerre, les Sociétés bibliques ont affirmé leur détermination de continuer la diffusion et la production. Elles étaient confrontées à d’énormes difficultés dans la mesure où le conflit avait des répercussions sur l’impression et la diffusion, ainsi que sur le financement qui permettait ces activités, mais certaines Sociétés bibliques parvenaient à fournir des bibles et des livrets même au milieu du chaos de la guerre.



Le pasteur Hanns Lilje, qui a par la suite représenté l’Allemagne à Elfinsward, a été incarcéré à Nuremberg. Il a été mis à l’isolement ; même sa bible lui a été retirée, mais il connaissait suffisamment bien les Ecritures pour trouver le réconfort dans la Parole de Dieu. ‘Nous étions fortifiés à l’idée que la Parole de Dieu ne peut être ligotée, a-t-il raconté. Nous savons qu’il existe une lumière et une espérance : la Parole de Dieu, qui va continuer de nous guider dans les années à venir.’


Les circonstances que les Sociétés bibliques avaient connues pendant la guerre n’avaient fait que renforcer leur résolution de travailler ensemble. Au début des années 1950, l’Alliance biblique universelle, qui a 4 années d'existence, se trouve dans un monde en rapide mutation. Pour la première fois, la part de la population mondiale sachant lire et écrire est plus importante que celle de la population illettrée. Une vision globale s’impose et la traduction biblique doit être au cœur de celle-ci.


Pendant longtemps, le travail de traduction accompli à travers le monde a été confié aux missionnaires qui, avec plus ou moins de succès, étaient obligés d’apprendre la langue dans laquelle ils entendaient traduire les Ecritures. Dans les années 1950, les Sociétés bibliques sollicitent de plus en plus des locuteurs natifs comme traducteurs principaux, soutenus par une équipe de conseillers en traduction de différentes régions du monde. On assiste dans le domaine de la traduction à une intensification de la coopération entre les Sociétés bibliques ainsi qu’à une collaboration croissante entre les diverses confessions.


C’est à une personnalité influente, Eugene Nida, que l’on doit en grande partie cette évolution. Ce linguiste et bibliste, qui a rejoint la Société biblique américaine en 1943, est profondément attaché à la transmission de la Parole de Dieu. Nida devient alors l’initiateur de ce nouveau modèle de traduction des Ecritures assurée localement, et qui sera le moteur de son action au sein de l’Alliance biblique universelle. Puisant dans les domaines de la linguistique, de l’anthropologie et de la communication, Nida est conscient du rôle essentiel des populations locales dans le processus de traduction et du besoin d’adapter la traduction au contexte culturel donné. S’appuyant sur les textes sources, la communauté locale, soutenue par des conseillers en traduction, s’emploie à trouver l’équivalent naturel le plus proche dans la langue cible. Le principe de l’équivalence fonctionnelle, recourant à la traduction dite ‘sens pour sens’ en vue d’une meilleure lisibilité des textes, a marqué un changement radical dans la traduction biblique, et continue d’influencer largement les travaux de traduction actuels. L’objectif de ce processus est -pour reprendre les mots de Nida- de lire la Bible et d’être transformé par son message’.


Le modèle de traduction adopté par l’Alliance biblique universelle sous l’impulsion déterminante de Nida s’est avéré particulièrement fructueux. L’archevêque de York, F. D. Coggan, qui intervenait lors de la troisième assemblée du Conseil œcuménique des Eglises en 1961, a insisté sur l’impact de la priorité accordée à la traduction : ‘Avant que le mouvement des Sociétés bibliques ne voie le jour, le nombre de langues dans lesquelles il existait tout ou partie des Ecritures était de 71. Aujourd’hui, ce chiffre est de 1 165.

Actuellement, près de 5,7 milliards de personnes disposent de la Bible intégrale dans leur langue et 70 % de ces traductions ont été réalisées par les Sociétés bibliques. Pourtant, avec près de 4 000 langues sans texte biblique, il reste encore beaucoup à faire.


‘Chaque fois que Dieu veut bénir des hommes ou une communauté, il leur pose des exigences démesurées afin qu’ils prennent conscience à quel point ils sont démunis par eux-mêmes’. Mgr Eivind Berggrav (président honoraire de l'ABU) s’exprimant dans le Bulletin de l’ABU à l’occasion du 10e anniversaire de la création de l'ABU


'La traduction mondiale est un objectif majeur : lire la Bible dans sa propre langue, c'est être transformé par son message.'






 
 
 

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