Edito.
- vincent beckers-smetana

- 7 juil. 2023
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 27 juil. 2023
Et maintenant peuplez toute la terre et dominez-la. Alors disons-le tout droit : oui notre prétendue modernité a modifié la nature en objet de domination et a défait les liens émotionnels et merveilleux possibles dès la création. Alors comment pouvons-nous nous réinsérer harmonieusement dans le cycle du vivant, comment arrêter de nous surestimer, comment observer la constance espérante de la création, comment repenser nos structures relationnelles, comment nous départir du niveau zéro d’une interprétation stérile qui mène ce seul verset à tant de dérives ?
Ce vingt-huitième verset du premier chapitre du premier livre du grand livre est troublant, Dieu donne, Dieu bénit, Dieu dit à vous maintenant d’être dans le présent de tout ceci, alors comment donner réponse, comment secouer tout qui ne voit pas le rapport entre la Bible et ce que vivent des millions de créatures impactées par les désastres-massacres qu’orchestre l’organisation de notre dévorante économie, comment retrouver le chemin de l’Alliance ?
L’autre jour j’ai vu une pub pour une marque d’outils de jardin, et on y voyait un homme d’âge mûr blanc, barbu, soigneusement charpenté et donc prétendument rassurant qui s’avançait vers un pissenlit qui avait poussé là, qui ne lui avait rien fait, mais qui semblait avoir vandalisé la lisse pelouse du monsieur, à tel point que la seule solution était pour lui de détruire ce pissenlit, de le dissoudre, l’évacuer, l’évanouir, et c’est ce qu’il a fait, à l’image on le voit littéralement faire exploser ce pissenlit à la dynamite ? N’importe quoi, vraiment.
Dieu nous a confié la création pour la cultiver, la garder. Dans cultiver il y a culture, dans garder il y a veiller. Une culture de veille, une richesse d’attention, alors est-ce qu’elle est là, la clé ? On peut échanger ce que l’on sait, nos lectures, nos pensées, ou celle des pères de l’église ou des pères de l’écologie imprégnés de la Bible, des habiles, des investis, des penseurs, des passeurs. On peut risquer d’être résolument spirituels, audacieux, enthousiastes, réapprendre à passer le témoin et penser à ce que nous mangeons, à ce qui s’engouffre dans nos corps par nos bouches grandes ouvertes en questionnant ce mouvement dévorant, en le réajustant au principe de l’attention et de la veille, par le jeûne et le murmure et le ralentissement du temps.
Une chose est sûre, tout ceci nous trouble, et il nous faut apprendre à vivre avec ce trouble, formuler le langage constructif d’une foi vivante, indissociable de l’affection pour les merles, les murènes et les pissenlits parce qu’indissociable d’un amour profond pour le Créateur.





Commentaires