Edito.
- vincent beckers-smetana

- 4 avr. 2023
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 avr. 2023
En allant déposer un colis, j’ai croisé à nouveau en ville une jeune femme que j’avais rencontrée à la librairie, elle cherchait à découvrir la Bible et elle était venue avec une de ses amies en choisir une, son amie lui disait quelque chose qui m’avait frappé, elle disait tu vas voir, ce livre c’est de la bombe, ça va faire bouger tes lignes, tu vas commencer à lire et il va se passer un truc. Et vous savez pourquoi ? me dit l’autre tout sourire, là en pleine rue. Parce que Jésus, c’est le bien absolu.
Et pourtant curieuse affaire, le signe que Jésus trace s’épanouit à la croix. La croix, indécence et scandale absolu, sachant qu’étymologiquement le scandale, skandalon en grec, est le caillou sur lequel on bute et qui fait tomber. Cette croix qui raconte le Christ, appelé Parole de Dieu, fils de Dieu, Seigneur et sauveur du monde bafoué, mis à mort si jeune, renié par ses disciples, rejeté par l’autorité religieuse et l’élite intellectuelle de son temps, mais aussi par tant de quidams déçus de ce non-avènement, refusant pour leur vie l’intranquillité humble, saine et libératrice qu’il proposait. Enigme totale.
Or la croix est la réponse que Dieu a apportée à cette énigme, et c’est précisément cette logique paradoxale a accompagné les premiers chrétiens, souligne le théologien et écrivain Antoine Nouïs. A travers les luttes, les dangers et les souffrances, ils ont vécu dans l’assurance que Dieu partageait leur chemin. La croix était un scandale, elle est devenue une expérience de vie. Elle était signe d’abandon, elle est devenue signe d’une présence dans l’épreuve. Elle était signe de malédiction, elle est devenue la marque de la foi.
Oui, croire à la résurrection, c’est accéder au bouleversement radical, à l’inspiration sacrée, à cette stupeur que vivent les femmes devant le tombeau vide (littéralement ektasis en grec, un trouble, un dérangement de l’esprit) comme une véritable révolution de notre pensée, dit l’écrivain Frédéric Boyer. Fonder sa foi sur la résurrection du Christ, c’est accéder au terme de l’impossible, nos impossibles ne nous retiennent plus, croire en cet impossible nous rend à la vie, et à son infini possible : le tombeau est vide, ce qui se passe est à vivre, se relever, inspirer, saisir l’objet même de notre espérance, l’amour total du Christ, ce bien absolu.





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