Edito.
- vincent beckers-smetana

- 25 oct. 2021
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 oct. 2021
Une librairie en ville, en voilà une chose jolie. Et vous pensez vraiment que ça va servir la Bible, de noyer ce livre dans tant de livres ? J’ai refermé la porte derrière le monsieur, en lui souhaitant tout de bon pour son retour à la maison. Mais elle est restée, la question, à danser dans mes oreilles alors que dehors finissait l’été mouillé dont on a été gâtés. En voilà donc une ambition, formuler ce qui se présente comme une indispensable librairie (celle qui propose la vitalité de cette Parole aimante, inouïe, tendre et radicale), sachant que l’ambition véritable reste celle de traquer le vrai, et de participer à le rendre visible, lisible. Alors oui, les librairies sont les lieux privilégiés et lumineux de la présence des livres, celle de leur matérialité splendide et de leur lumière, sans laquelle aucune décision émerveillée, intime et singulière ne peut surgir. Aimante et inspirante donc, la possibilité de se promener parmi eux comme dans un nécessaire jardin de silence.

Autre lecture chatouillante, le petit manuel du colporteur biblique des années 50 qui -alors que je le feuillette pour y choisir quelques extraits- vient faire voltiger sous mes yeux ce paragraphe : cher toi, libraire biblique du futur (ça c’est moi qui ajoute), ne perds pas de vue que la diffusion de la Bible n’est pas une fin en soi, mais seulement un moyen de transmettre le message de Christ. Alors oui, la vente de la Bible peut procurer de la satisfaction, mais le but en sera-t-il atteint pour autant ? Au-delà des chiffres de vente, il s’agira de rechercher en permanence un objectif de nature spirituelle, sans se laisser accaparer par la vente elle-même en oubliant ce que l’on vend et pourquoi on le vend. Et bim.
Toujours, tout le temps, capter le mouvement juste de ce que l’on fait, jour à jour. Non, la nature de ce travail missionnaire n’a plus l’allure qu’elle avait il y a près d’un siècle. Et tant mieux. Terje Hartberg est un pilier de l’Alliance biblique universelle, il va s’en aller fin de l’année. Je me souviens que la première fois que je l’ai vu, il attendait près d’un taxi à l’aéroport de Lisbonne. Comme il m’a fait signe, j’ai cru que c’était le chauffeur, et je lui ai signifié -poliment, of course- dans quel hôtel je me rendais. Il a souri, évidemment. Maintenant, je relis de lui ceci : jusque dans les années 1960, les Sociétés bibliques étaient connues pour être des diffuseurs de la Bible. Mais aujourd’hui, le travail est devenu autre, vaste, questionnant : traducteurs, créateurs, éditeurs, libraires, les enjeux de l’édition biblique changent, nous devons comprendre et nourrir ce mouvement. La belle chose, c’est se rappeler que l’Alliance biblique universelle n’est rien sans celles et ceux qui y travaillent, sachant que celles et ceux qui y travaillent ne sont rien sans Dieu. Et re-bim.





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