Edito.
- vincent beckers-smetana

- 12 avr. 2021
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 mai 2021
Une année est passée, ça y est. Et que nous est-il arrivé ? Où en sommes-nous de nous au sortir de pareille saison malade mi-sidérante mi-laminante ? Nous sommes-nous laissé changer, ou continuons-nous de désirer l’in-changement, la normalité, le retour à la vie d’avant ? Aurons-nous pu saisir l’opportunité de l’inédit ? N’est-il pas temps en ce moment justement de réajuster notre échelle de priorités, en considérant avec un minimum de reconnaissance notre réalité ?
‘Si l'un de vous veut construire une tour, il s'assied d'abord pour calculer la dépense et voir s'il a assez d'argent pour achever le travail. Autrement, s'il pose les fondations sans être en mesure d'achever la tour, tous ceux qui verront cela se mettront à rire de lui en disant : en voilà un qui a commencé de construire mais qui a été incapable d'achever le travail !’ [Luc 14.28-30, NFC]

Le nom de Dieu est un nom qui sème en son cœur-même pour chacun de nous une somme de ce qui a été, une mémoire du présent que nous vivons, et aussi tout à la fois la pérennité d’un horizon pour ce que nous devenons. Or sur cette année écoulée notre mission a laissé beaucoup de plumes dans le sillon. Mais tout de même oui, nous devenons. Il y a cette histoire dont je me souviens : un homme veut construire une cabane au fond de son jardin, pour ranger ses outils. Très bien, joli. Mais quelle est la question à se poser, au moment d’en poser la fondation ? Ne faut-il pas considérer ce projet dans un perspective pérenne ? Ne faut-il pas considérer que cette cabane est inepte, si c’est juste pour y ranger un fatras d’outils que peut-être même on n’utilise pas ? Ne faut-il pas considérer que l’un de ses pans pourrait offrir de l’ombre à un jeune arbuste peu robuste ? Qu’un pan de sa toiture, si son écoulement est habilement orienté, il pourrait déverser ses eaux de pluie sur un jeune potager capricieux ? Qu’un autre pan s’il est posé à flan d’un talus pourrait esquisser l’abri sûr à une famille d’alouette des champs ? Que sa charpente posée à la juste place pourrait être l’accroche idéale d’un berceau de toile, suspendu entre cette cabane et le cerisier ? Nous devenons, il nous revient de considérer notre réalité, et de la mettre en perspective avec intelligence, créativité et humilité.
Je vous écris ceci, puis je descends m’asseoir dans la boutique, et je regarde les gens qui passent dans la ville, qui s’approchent de la vitrine pour regarder les Bibles et les livres, et je me dis : que pouvons-nous proposer pour ces gens ? Peut-être oui, penser que notre mission a 75 ans, considérer ce que nous ne sommes plus, ce que nous sommes, ce que nous devenons, avec foi. Et pour paraphraser le philosophe Emmanuel Tourpe, je dirais qu’il ne faut pas que notre foi soit seulement recueillement et raison, elle est un exercice spirituel du quotidien, elle est l’art de se mettre en face de nos questions les plus décisives.





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