Ce qui se dit, l'écrire.
- BibleBelgique

- 3 mai 2021
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Dernière mise à jour : 21 mai 2021
Les lettres de Paul sont les premiers écrits du Nouveau Testament. Avec quelques autres (de Jacques, Pierre, Jean et Jude), elles nous plongent au cœur de la foi et de la vie quotidienne des premiers chrétiens. Les premiers chrétiens habitaient des villes de l’Asie mineure (la Turquie actuelle) ou de la Grèce, ou encore à Rome. Deux millénaires nous séparent d’eux. Les grandes questions de l’existence chrétienne qui étaient les leurs sont aujourd’hui devenues les nôtres. De quoi s'agit-il ? Mieux comprendre la bonne nouvelle pour en vivre.
Dans l’Antiquité, beaucoup de gens écrivent des lettres. Elles sont le seul moyen de communiquer avec quelqu’un qui est loin. Dans certaines, l’auteur se contente de donner ou de prendre des nouvelles. Dans d’autres, il aborde des questions graves d’origine politique, philosophique ou religieux. Des écrivains comme Cicéron (1er siècle avant JC) ou Sénèque (1er siècle après JC) ont aimé utiliser des lettres pour exposer leurs idées. On distingue parfois les lettres des épitres. Les lettres étaient brèves, à caractère privé, et les épitres, plus longue, destinées à la lecture publique. En fait, cette distinction n’est cependant pas très pertinente car le mot épitre vient du latin epistula, qui veut dire lettre. En ce qui concerne le Nouveau Testament, toutes les lettres sont importantes, même celles qui sont courtes. Elles étaient lues dans les assemblées chrétiennes, soigneusement gardées, recopiées, transmises à d’autres communautés. Vers la fin du 1er siècle de notre ère ou au début du 2e siècle, on les a rassemblées. On a reconnu que l’unique parole de Dieu se faisait entendre à travers les multiples paroles de Paul et des autres.

Précisons un point. Paul s’adresse à des personnes qui habitent des lieux repérables : Thessalonique, Philippes, Corinthe, Rome. D’autres lettres du Nouveau Testament sont plus générales. Elles portent seulement le nom de leurs auteurs : Jacques, Pierre, Jean et Jude. Elles veulent dépasser les communautés particulières pour s’adresser à toutes les églises. Dans certaines communautés chrétiennes, ces lettres sont qualifiées de catholiques, car le grec catholikos signifie universel, c’est-à-dire à destination de tous et de toute la terre. Elles rappellent la vérité de la foi, les dangers qui la guettent et les conséquences d’un engagement fidèle au service de Jésus-Christ.
Comme les écrivains de l’Antiquité, Paul dicte ses lettres (voir Romains 16.22). Elles ont souvent été rédigées dans l’urgence -ce qui ne veut pas dire rapidement. En effet, elles sont le résultat de sa foi, de sa réflexion, de sa prière. Elles répondent à des problèmes concrets, par exemple la situation d’esclave (Lettre à Philémon) ou la nourriture (1 Corinthiens 8). Elles donnent aussi des points de repère intellectuels et spirituels, par exemple la résurrection des morts (1 Corinthiens 15) ou le rapport avec la religion juive (Romains 9-11). En agissant ainsi, Paul est d’ailleurs proche des rabbins de son époque, qui donnaient des conseils aux communautés juives répandues dans l’empire romain afin de leur permettre d’observer la loi de Moïse là où elles habitaient.
Quand il écrit, Paul salue d’abord ses interlocuteurs. Puis il commence par une bénédiction (voir Corinthiens 1.1-17) ou une action de grâces (remerciement, voir Romains 1.8-17). Il enchaine alors divers développements sur les questions qu’on lui a posées ou qu’il veut traiter. Au début de chaque développement, il donne l’idée-force, en une ou deux phrases. Il conclut en général par une recommandation à bien agir (voir Romains 12.1-15.13).
Pour instruire leurs destinataires, les convaincre, les captiver, les écrivains de l’Antiquité avaient mis au point des techniques. Paul les connait. Mais pour lui, la vraie éloquence (l’art de parler) consiste à s’accorder avec le message de l’Evangile, la bonne nouvelle de Dieu. Dans tel passage il s’enflamme, dans tel autre il raisonne et fait appel aux Ecritures, ailleurs il dit ses joies et ses souffrances : ce que nous sommes en écrivant nos lettres de loin, nous le serons aussi dans nos actes une fois présents parmi vous (2 Corinthiens 10.11).
Ses lettres représentent un effort, soutenu par l’Esprit saint, pour expliquer la foi dans le contexte des premières communautés chrétiennes. [Source : Bible NFC / Editions BibliO]





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