Bible et art-thérapie.
- BibleBelgique

- 20 févr. 2021
- 3 min de lecture
Arshavir Kapoudjian, directeur de programme de la Société biblique arménienne est infatigable. Il passe sa vie sur les routes, pour implanter le projet Moving Gospel dans les vallées éloignées de ce pays montagneux.
D’abord, dit-il, j’aimerais raconter une histoire impressionnante et inoubliable qui s’est passée à Barekamavan, un village sur la frontière avec l’Azerbaïdjan. Nous avions pour thème la parabole du bon Samaritain. A la fin de la rencontre, il y a eu un moment de discussion et de questions-réponses. Ensuite, j’ai demandé aux participants de réfléchir à tout ce qui venait d’être dit et entendu afin de partager leurs pensées lors de la rencontre suivante. Une semaine plus tard, j’ai dit ‘lors de la dernière rencontre, je vous avais confié un objectif, alors dites-moi ce que vous avez pensé de la parabole.’ Deux jeunes femmes m’ont répondu qu’elles n’avaient pensé à rien. J’étais un peu vexé, alors elles ont ri et m’ont répondu qu’elles n’avaient pensé à rien mais qu’elles avaient fait quelque chose. Nous avons rendu visite à une vieille dame qui vit seule dans le quartier le plus dangereux du village, là-bas tout près de la frontière. Nous avons discuté avec elle, nettoyé sa maison, cuisiné pour elle, apporté de l’eau fraiche, et avant de partir nous lui avons promis de revenir la voir.
J’ai alors éprouvé le sentiment le plus beau depuis le lancement de ce projet, qui permet aux participants d’interagir avec des histoires bibliques à travers l’art-thérapie. Certains tissent des tapis avec des motifs bibliques et d’autres confectionnent des marionnettes représentant des des personnages de la Bible, puis créent des spectacles racontant des histoires bibliques. Dans un village, dix-huit tapis et douze marionnettes ont été confectionnés et ce tout beau résultat m’a rempli de satisfaction. Et la satisfaction se justifie d’autant plus que ce projet a commencé normalement, mais à cause de la Covid-19 nous avons dû le poursuivre en ligne, uniquement.

Je suis heureux que ces personnes, grâce aux textes bibliques se soient non seulement élevées spirituellement, mais qu’elles aient aussi développé leur créativité et leur productivité, jusqu’à atteindre la créativité de ce très beau résultat. J’insiste sur la quantité car elle rend le résultat visible. Il n’y a aucune différence entre l’âme et le corps. La Bible nous enseigne l’harmonie entre ces deux composantes de l’être humain. Ma plus grande satisfaction est que ces personnes ont compris comment mettre en relation ces deux aspects et ont ainsi fait entrer les valeurs de l’âme et de l’esprit dans leur aujourd’hui et dans le nôtre.
Et l’impact du projet dans la vie des enfants du village est un véritable émerveillement. Réunis ainsi en groupe, les enfants se familiarisent avec le langage de la Bible, les personnages et les contextes, et parallèlement ils acquièrent l’art de créer des marionnettes, qui deviennent le reflet de leur imagination. Ils mettent en elles leurs émotions et leurs sentiments, ils développent des compétences relationnelles et apprennent à résoudre des conflits intérieurs. Syuzi Sargssian, une psychologue qui les accompagne souligne à quel point ce projet leur permet de reconnaitre leur monde intérieur et de l’harmoniser avec les événements du monde extérieur. Ils considèrent leurs marionnettes, ils discutent avec elles, posent des questions, attendent des réponses. La Bible, et plus particulièrement les paraboles de Jésus aident les enfants à comprendre le monde dans lequel ils vivent.





Commentaires